Critiques

Christophe Rulhes sur FRANCE CULTURE | La Dispute | Lucile Commeaux | 2016

[LENGA]

Jeune Afrique | LÉO PAJON | 2016

[LENGA]

"Sur scène, toutes les disciplines sont convoquées pour montrer à quel point le verbe est chevillé à l’âme et au corps. "

Lien vers l'article

le GdRA à la Radio Télévision Suisse | Magnétic | 2016

[LENGA]

Médiapart | Jean Pierre Thibaudat | 2016

[LENGA]

« C’est là tout l’art de cette compagnie peu ordinaire qu’est le GdRA : mettre en scène de multiples façons (diversité des langues, des histoires et des formes) des singularités ordinaires. »

LIEN VERS L'ARTICLE

LA DEPECHE DU MIDI – 2016 – «LAVELANET», la parole donnée aux habitants

[LAVELANET]

“La salle du Marché-Couvert a accueilli la compagnie toulousaine GdRA pour la restitution de son projet culturel de territoire dans le cadre de la convention de territoire signée avec la DRAC, le département et la mairie. Suite à des rencontres, entretiens et tournages de films réalisés à Lavelanet et aux alentours, le GdRA a créé «LAVELANET», un spectacle pluridisciplinaire à la croisée des arts vivants et des arts du documentaire filmé, placé au cœur d’un dispositif vidéo composé de six écrans géants sur lesquels ont été projeté les témoignages des personnes-ressources, images de la ville et de ses alentours. […] Le public s’est laissé emporter dans l’univers du GdRA et a vécu d’intenses moments avec les artistes, qui ont su transmettre toute leur sensibilité et leur profonde humanité, tout en lui offrant la beauté de leurs performances.”

Lien vers l'article

ZIBELINE - 2015 - MARYVONNE COLOMBANI

[LA PLI I DONN]

Douceur de la pluie…

"Le Bois de l’Aune a eu le privilège d’accueillir la toute nouvelle création de la compagnie Cirquons Flex, La Pli i donn. Poursuivant son travail de recherche culturelle et identitaire, déjà abordé avec le superbe Dobout An Bout que l’on avait applaudi en 2013 durant l’année de Marseille Capitale, cette compagnie aborde un dialogue interculturel dans la zone de l’Océan Indien, partant de la Réunion, d’où elle est issue, pour y adjoindre Madagascar et l’Afrique du Sud, mêlant ainsi fonnkèrs créoles et Gumboots sud-africain. Décidément éloigné de tous les clichés sur les îles, le propos nous entraîne une fois de plus dans une approche juste, pertinente, profondément humaine des êtres. Le thème central n’est rien moins que la mort, traitée à la fois du point de vue de l’anthropologue et du poète. L’écriture polyphonique, transgenre, unit l’art circassien à la poésie (magnifiques textes de Danyel Waro), la danse au chant, à l’improvisation, pour un spectacle atypique, virtuose et onirique. On frémit devant les exploits au mât pendulaire, qui voit les mêmes acrobaties que le mât chinois, mais en mouvement ! On a envie de partager la danse festive et joyeuse de la cérémonie mortuaire malgache, avec la sortie du mort, impeccablement raide, quels que soient les gestes de la foule qui l’emporte avant de le recouvrir de nouveau de feuilles sèches d’eucalyptus et de litchis. La musique naît sur scène, émanation logique des intentions, tout comme la chorégraphie de l’ensemble. On se laisse emporter dans cet univers mis en scène par Christophe Rulhes (Cie GdRA), avec un rythme toujours soutenu et des artistes, Virginie Le Flaouter, Vincent Maillot, Lizo James, Maheriniaina Pierre Ranaivoson, qui outre la beauté de leurs performances, savent transmettre leur profonde humanité. Le cirque ici prend une dimension universelle et sensible. Du grand art !"

THEATRE DU BLOG - 2014 - VERONIQUE HOTTE

[SUJET]

"Le passage à la scène de cette écriture étoilée et de ces éclats de langage polyvalent convie ensemble l’acrobatie, la danse, le théâtre, le texte, la vidéo et la musique. La visée dramaturgique transfigure le réel en partant du quotidien. Les performers s’engagent de tout leur corps dans l’espace scénographique et son volume – sons et images, mouvements et jeux de scène, écran et cordes lisses. [...] Tous les interprètes s’adonnent à leur art dans le respect des autres : ils sautent, s’élancent dans les hauteurs, rebondissent, tombent, chutent, se relèvent, s’attachent à des liens improbables puis s’en délivrent. On ne sait où donner de la tête face à ce capharnaüm organisé à l’écoute de la guitare, de la clarinette basse, de l’accordéon, des claviers, de la batterie et des percussions, près des troncs d’arbres et des cordes attachées librement aux cintres. Qui est-on ? Rechercher ainsi son identité dans le déploiement des performers est un plaisir."

INFERNO MAGAZINE – 2014 – YVES KAFKA

[SUJET]

« Mais qui dit pluridisciplinarité, ne dit pas pour autant concession à l’air du temps. […] le GdRA non seulement échappe à cette critique mais utilise ces différents modes d’expression comme les éléments essentiels d’une grammaire au service de sa syntaxe. Il invente un langage scénique qui, en déstructurant l’unicité de la forme, entend mettre en oeuvre un langage multiforme, seul à même de rendre compte de la déconstruction nécessaire du sujet-humain. En effet pour contrecarrer toute vision dogmatique de ce qu’est une personne, le recours à des expressions éclatées que sont la vidéo, le cirque, la danse, le théâtre et la musique, participe de manière métaphorique à ce dessein. »

MOUVEMENT – 2013 – JEAN-MARC ADOLPHE

[VIFS, un Musée de la Personne]

« A Arles et Marseille, dans l’église des Frères Prêcheurs et au Palais Carli, le GdRA vient de créer VIFS – Un Musée de la Personne, une « oeuvre ouverte et muséographique » composée de douze témoignages filmés, restitués en mouvement sur douze écrans. Depuis 2007, le GdRA (formé par l’auteur, musicien et metteur en scène Christophe Rulhes, et l’acrobate, chorégraphe et scénographe Julien Cassier) se voue à un «théâtre d’enquête et d’anthropologie», dont le spectacle Singularités ordinaires a constitué l’acte fondateur d’un triptyque sur la personne. Evoquant « une quête de fiction vraie qui se joue à l’affût des singularités qui habitent nos mondes », le GdRA assure que « les prétendues échelles de légitimité de la domination culturelle sont floutées et ramènent à des modes d’existence qui échappent aux règles instituées de la visibilité convenue ». »

CESAR - 2013 - M.H-B

[VIFS, un Musée de la Personne]

"S’il s’inscrit dans la lignée du théâtre documentaire, le GdRA transcende largement le genre. Le groupe, en même temps qu’il invente une méthodologie, crée un style de spectacle très particulier, issu des savoirs faire de ses fondateurs, Julien Cassier et Christophe Rulhes. L’alchimie entre la rigueur anthropologique de leur démarche et leurs talents de créateur, musicien, danseur issu du nouveau cirque, aboutit à une esthétique encore non identifiée. Concernant VIFS – Un Musée de la Personne, il faut s’attendre à un objet spectaculaire « pluridisciplinaire, à la croisée des arts vivants, des arts du documentaire filmé, des arts multimédias et numériques, des arts et de la science."

THEATER DER ZEIT - 2012 - NATALIE HOFMANN

[NOUR]

"Ecrit à partir de témoignages réels collectionnés, cette pièce met en scène l’histoire fictive d’une jeune française et fille d’immigrés nord-africains, qui essaie par le biais de la danse urbaine de trouver sa propre identité. Un tremplin géant transforme les murs, éclairés par des projections vidéo en grand format, en sols de danse verticaux.
Des textes sensibles et des images impressionnantes nous font plonger d’une manière nouvelle dans des sujets très anciens comme l’héritage culturel, les conflits de générations et le développement personnel. Un théâtre d’action anthropologique qui propose une fusion des différentes disciplines artistiques pour parvenir à une ‘fiction réelle’ très convaincante."

MOUVEMENT – 2012 – JULIE BORDENAVE

[ROërgue]

« Avec ROërgue, le GdRA inaugure un nouveau volet de son cycle Experts du vécu : ce vocable imaginaire, symbolisant « un territoire imaginé, comme tous les territoires sans doute », part du postulat que « tout territoire, avec ses spécificités historiques et culturelles ancrées, n’est que le fruit de ce que ses habitants et ses observateurs en font et en disent, qu’il est aussi une imagination[…] Le territoire est une réalité relationnelle vivante qui questionne la politique des cartes, étaie le metteur en scène Christophe Rulhes. Un territoire, c’est d’abord la liste des entités dont on dépend ; les territoires sont ces liens invisibles qui unissent humains et non-humains » : sur le plateau immaculé, la prosodie du comédien Sébastien Barrier s’adapte au ressac de l’Océan qui rythme la vie du littoral costarmoricain, pour esquisser douze parcours de vie qui en constituent le territoire : famille de pêcheurs, boxeur, danseurs traditionnels, jeune immigrée de Mayotte… Les artistes du GdRA s’enhardissent à prendre le large, s’autorisant à desserrer ou resserrer à l’envie le lien qui les unit aux personnages, ces interlocuteurs trônant sur l’écran géant qui les domine au plateau. Gageure de ROërgue : pour les artistes, il s’agit toujours d’incarner artistiquement un territoire, mais cette fois par le biais quasi exclusivement sonore. L’acrobate Julien Cassier abandonne un temps le langage du corps pour s’affairer aux consoles ; le batteur Camille Gaudou rejoint le collectif pour accompagner les guitares saturées qui côtoient les chants bretons. Après avoir délivré les clés de sa démarche dans ses deux premiers spectacles (Singularités OrdinairesNour), et avant le 3e volet de son Triptyque de la Personne (SUJET), le GdRA creuse un nouveau sillon de son théâtre anthropologique, éternellement soucieux de donne à ressentir la porosité qui existe entre les savoir-faire. »

PAS LA PEINE DE CRIER | FRANCE CULTURE - 2011 - MARIE RICHEUX

[NOUR]

Sur un plateau rouge et blanc, une histoire que l’on raconte consciencieusement. Nour El Yacoubi, c’est d’abord un nom qui s’épelle, avec des lettres, et les lettres, les mêmes, aussi fou que cela puisse paraitre peuvent composer d’autres mots, comme Personne, comme identité, comme identité d’une personne, comme intégrité mieux qu’intégration, comme danse.
Le GdRA est un collectif agissant, scénique, qui ne semble pas s’effrayer d’utiliser tout ce qui est à sa portée, pour dire, et porter les mots haut. Haut comme deux corps rebondissant sur un trampoline, haut comme un baiser que l’on se donne tout en haut, haut comme la musique arrivant par surprise. Malgré l’interdiction de s’aimer et celle de danser. Nour est le deuxième spectacle d’une trilogie qui commençait bien, puisqu’elle commençait par les Singularités ordinaires. Nour est le témoignage que les sciences humaines survivent à la scène. Et Nour c’est la lumière en arabe littéraire. Christophe Rulhes et Julien Cassier ont fondé (avec Sébastien Barrier) en 2007 le GdRA, et sont nos invités aujourd'hui.

>>>

LIBERATION - 2011 - HELENE FERRARD

[NOUR]

"Nour dégage beaucoup de passion et de conviction. La recherche d'une communication avec le public, un travail de fourmi qui commue des phrases éparses en mosaïque. Le résultat de révèle touchant, souvent drôle."

LA SCENE – 2011 – ANNE QUENTIN

[Article de fond]

« Le GdRA, c’est le cirque qui est le plus attentif à la démarche de trois artistes, le musicien Christophe Rulhes, l’acrobate Julien Cassier et le bonimenteur Sébastien Barrier (alias Ronan Tablantec). Pourtant leur théâtre anthropologique et pluridisciplinaire repousse nettement les frontières du genre. Unis par le désir de faire entendre des histoires collectées pour les restituer dans un récit fictionnel, les trois créateurs habitent un espace fait de mots, d’images, de danse et d’acrobatie. Leur esthétique sophistiquée tend à restituer l’ordinaire, via le théâtre documentaire pour mieux le sublimer. »

LE MONDE – 2010 – FABIENNE DARGE

[Article de fond]

« Le GdRA nous emmène sur les nouveaux territoires de l’art qui sont à la fois géographiques, politiques et formels dans l’entremêlement des superbes figures acrobatiques de Julien Cassier, de la capacité à observer le réel de Christophe Rulhes, de la force oratoire de Sébastien Barrier et de  leur générosité commune.  »

« Le GdRA les raconte, ces trois vies dont la confrontation pose en elle-même quelques questions sur la notion de culture commune, dans une narration fragmentée qui fait effectivement feu de tout bois et joue de tous les montages, mixages et frottements possibles entre les images de différente nature, le mouvement, les niveaux de parole- écrite, orale-, la musique, avec un plaisir  de « gamins jouant au bac à sable. »

LE MONDE - 2010 - FABIENNE DARGE

[Singularités ordinaires]

Ils ont mis leurs talents et leurs envies en commun, et, dans Singularités ordinaires, ce qui se raconte est porté à la fois par la parole, l’espace, les images vidéo, la musique, le mouvement et le graphisme […] par tout ce qui peut amener une forme de déconstruction énergique et joyeuse, au service d’un travail qui, sans avoir l’air de trop y toucher, questionne la notion de culture – vernaculaire, élitiste ou populaire, locale ou universelle – dans la lignée du philosophe et sociologue Bruno Latour, l’auteur d’Un monde pluriel mais commun et de Nous n’avons jamais été modernes, dont ils sont proches.

[…]

Le GdRA nous emmène sur ces nouveaux territoires de l’art qui sont à la fois géographiques, politiques et formels, dans l’entremêlement des superbes figures acrobatiques de Julien Cassier, de la capacité à observer le réel de Christophe Rulhes, de la force oratoire de Sébastien Barrier, et de leur générosité commune.

SUD OUEST – 2010 – CHANTAL GILBERT

[CHAFRE]

« L’occitan, je ne le parle plus guère qu’au marché de Thenon », regrette Renée-Jeanne Faure. Et pour cause. C’est sa langue maternelle. À 87 ans, cette habitante de Limeyrat vit une aventure peu ordinaire. Elle est l’héroïne d’un portrait du GDRA, Groupe de Recherche Artistique, conçu sous forme de spectacle. On en découvrira une première ébauche vendredi 22 mai, à 20 h 30, au marché couvert de Thenon.
Basé à Toulouse, le GDRA est une compagnie formée de trois artistes : Christophe Rulhes, musicien et sociologue, Julien Cassier, acrobate et Sébastien Barrier, comédien. Ils réalisent des portraits théâtralisés où ils s’expriment par le geste, la voix, le chant, la musique et la vidéo. Accueillis à plusieurs reprises à l’Agora de Boulazac, ils sont entrés en contact avec les animateurs de l’Agence culturelle départementale qui a initié ce nouveau projet, en partenariat avec la Communauté de communes Causses-et-Vézère.
Les artistes sont reçus en résidence pour réaliser le portrait de Renée-Jeanne, dans le cadre de la collecte de la langue occitane en Périgord. Accompagnés par Nicolas Dussutour, spécialiste de l’occitan, ils se sont rendus plusieurs fois chez elle pour la filmer et lui faire raconter ses souvenirs.
« Le spectacle s’appellera Chafre, le surnom. Autrefois, tout le monde en avait un. On se nommait deux fois, on appartenait à deux cultures », explique Christophe Rulhes.
« Quand je suis entrée à l’école, je ne parlais pas français », souligne Renée-Jeanne. Ses parents étaient agriculteurs à Saint-Géraud-de-Corps. Leur langue, c’était l’occitan, en cette fin des années 1920. Renée-Jeanne apprend vite. Elle passe son certificat d’études, puis retourne aider ses parents à la ferme. À 22 ans, elle se marie et vient s’installer à Limeyrat, dans la maison où elle habite toujours, au hameau de la Champagne.
« J’ai fermé mon livre, j’en ai ouvert un autre », dit-elle. Lorsqu’elle arrive à Limeyrat, trois générations cohabitent sous le même toit. Renée-Jeanne élève ses deux enfants, Josette et Alain, et continue à travailler la terre, avec Marcel, son époux, aujourd’hui disparu. « Tous les deux, on ne se parlait qu’en occitan ». Mais avec les enfants, ils s’exprimaient en français.
« Je trafique ». Renée-Jeanne a toujours été active. À 65 ans, elle n’a pas hésité à passer son permis de conduire. À la suite d’une fracture du fémur, elle a laissé sa voiture au garage, il y a quatre ans.
Sa silhouette frêle cache une énergie peu commune. Si elle marche avec une canne, cela ne l’empêche pas de s’occuper.La cuisine, la lecture, le scrabble, le crochet, où elle réalise des merveilles, Renée-Jeanne se passionne pour quantité de choses. Naturellement, elle dorlote ses petits enfants et ses arrière-petits-enfants qui l’appellent « Mamie Cocotte ». Elle prépare de grands repas de famille, où elle ressort des recettes d’autrefois, le « jimbourat » ou les choux farcis.
« À mon âge, on se rend compte à quel point les choses ont changé. On labourait avec les boeufs. Quand mes enfants étaient petits, on allait laver le linge dans les étangs. » Renée-Jeanne a vécu ces bouleversements avec générosité et un bel amour de la vie. Et la préparation du spectacle ? « J’ai été surprise. Mais j’y ai pris beaucoup de plaisir. »

STRADDA – 2010 – JULIE BORDENAVE

[Article de fond]

« La méthodologie rigoureuse du groupe, toujours marquée par un long temps de recueil de témoignages en amont laisse éclater sur le plateau des présences individuelles, portées par une technique virtuose qui ne boude ni l’esthétisme ni l’émotion, mais n’est jamais gratuite ni instrumentaliste. [..]

Un spectacle du GdRA se présente toujours comme un puzzle qui happe le spectateur, s’instille dans sa psyché, laissant la voie libre à une émotion submergeante dénuée de tout a priori. »

L’HUMANITE - 2010 - MARIE-JOSE SIRACH

[Singularités ordinaires]

Ils fondent le GdRA, « nom acronyme comme ceux  des  groupes  de  recherche  de  l'EHESS  ou  du  CNRS  »,  disent-ils  en  guise  d'explication.  Et débarquent  à  Avignon  avec  Singularités  ordinaires.  D'entrée  de  jeu,  on  est  séduit. [..]  Les  artistes  excellent  dans  leur  art  respectif  et  c'est  un  régal  de  les  voir  jouer,  danser,  parler, chanter. II  y  a  des  moments  magiques. Singularités ordinaires est une proposition qui foisonne de trouvailles et témoigne d'une vitalité dans un genre peu usité, le théâtre  documentaire, travaillant avec pertinence sur des lignes de fractures que ce collectif d'artistes parvient à réunir haut la main sur le plateau.

MOUVEMENT – 2010 – JULIE BORDENAVE

[Article de fond]

« C’est en croisant leurs chemins en 2005 que Christophe Rulhes, musicien anthropologue, Sébastien Barrier, comédien bonimenteur et Julien Cassier, danseur acrobate, fondent le Groupe de Recherche Artistique. Des savoir-faire parcellaires mis bout à bout pour créer une alchimie inédite à l’exigence acérée. [..]

S’il a l’élégance de sembler s’effacer derrière les propos qu’il sert, le savoir-faire du GdRA se niche dans les interstices pour mieux en magnifier le sens. Portée par la neutralité éclatante d’un blanc immaculé, la scénographie se présente comme une feuille vierge, sur laquelle se déroule à chaque création une nouvelle histoire. Si le recueil de propos est en vogue dans un art en prise avec son territoire, le GdRA ne se contente pas de compiler les paroles de manière angélique, mais s’attache à creuser en profondeur la notion d’identité narrative: se nourrissant de l’exigence d’une méthodologie universitaire quasi anthropologique, oscillant entre neutralité analytique et bienveillance, leur savoir-faire foudroyant-à la fois didactique et léché formellement, sans pour autant instrumentaliser ni surligner- crée des instants d’émotion bruts. [..]

A l’instar  d’aplats sonores, musique et chant joués live s’égrainent au fil du spectacle, offrant au spectateur des temps d’accalmie d’une saisissante beauté, l’accompagnant de manière intuitive dans son cheminement vers l’appropriation des informations. Tel un écho à la question de l’unité d’une personne, un spectacle du GdRA se présente comme un puzzle dont les pièces sont délivrées petit à petit. A l’arrivée une émotion terrassante et incompressible d’une sublime et lumineuse évidence. Plus qu’une esthétique, le GdRA a construit une méthodologie, donnant naissance au concept inédit de spectacle documentaire vivant ».