A propos

Le GdRA est une compagnie de théâtre fondée en 2007 par l’anthropologue, auteur, metteur en scène et musicien Christophe Rulhes et l’acrobate, chorégraphe et scénographe Julien Cassier. Ils associent à leurs spectacles circassiens, comédiens, plasticiens, danseurs, musiciens, artistes numériques, réalisateurs d’images filmées, chercheurs et universitaires. Ils ont ainsi accueilli en leur collectif l’acteur performeur Sébastien Barrier, la danseuse comédienne Armelle Dousset, la chorégraphe Kaori Ito, l’anthropologue Bruno Latour, le marionnettiste Kanroku Yoshida, la philosophe Joëlle Zask, le dessinateur Benoît Bonnemaison-Fitte, les circassiens Lizo James et Maheriniaina Ranaivoson, des artistes francophones mais aussi venant de Finlande, d’Israël, de Madagascar, d’Afrique du Sud, du Japon. Depuis ses débuts, le GdRA cherche un théâtre de la Personne et du témoignage direct, en conviant parfois des amateurs ou des professionnels « experts d’un vécu » particulier au plateau.

Selon l’œuvre à faire, le GdRA compose ainsi un groupe à la croisée des disciplines, des langues et des identités pour un jeu à l’adresse frontale et spontanée. Les textes de Christophe Rulhes et les chorégraphies de Julien Cassier s’élaborent depuis l’enquête auprès du public et du réel, nourris par le regard et l’expérience, la fabrique de notes, d’image, de dessins, de photographies et de films. Pétries de réalité, les pièces transfigurent l’ordinaire au plateau et basculent irrémédiablement dans le récit fictionnel et anthroplogique, vers une fabulation vraie. 

En 2010, le GdRA est invité au 64eme festival d’Avignon. En 2014, « Sujet » clôt au théâtre Garonne de Toulouse « Le triptyque de la personne » débuté en 2007 avec « Singularités ordinaires » et poursuivi par « Nour » en 2011. En 2013, » à la commande de la Capitale Européenne de la culture à Marseille, la compagnie crée « Vifs, un musée de la Personne ». Depuis 2007, avec un cycle théâtral intitulé « Les experts du vécu », le GdRA invente une dizaine d’œuvres contextuelles, scéniques, installations, muséographies, liées par l’enquête à des publics, des territoires et des partenaires spécifiques : citons pour les deux dernières, « Commun(s) » en 2015 avec l’Université Fédérale de Toulouse, et « Lavelanet » en 2016 avec la ville éponyme. En novembre 2016, après des tournages en Afrique du Sud et à Madagascar, le GdRA crée « LENGA » au théâtre Vidy de Lausanne, premier volet de la série « La Guerre des Natures », enquête théâtrale à travers le monde. En mars et décembre 2016, le collectif crée la pièce YORI KURU MONO au Japon à Kotohira et Takamatsu en compagnie de Kanroku San, maître de marionnette Bunraku du théâtre National d’Osaka. En 2017, le GdRA enquête en Amazonie guyanaise, à la rencontre des «indiens» Wayana et en vue de l’écriture et de la mise en scène de SELVE. Ce portrait d’une femme «amérindienne» sera créé à l’automne 2019. En 2018, à l’invitation «carte blanche» de la co[opéra]tive réunissant le Théâtre Impérial de Compiègne, le Bateau Feu de Dunkerque, le Théâtre de Cornouailles de Quimper et les 2Scènes à Besançon, Christophe Rulhes et le GdRA mettent en scène et coproduisent l’Enlèvement au Sérail de Mozart sous la direction musicale de Julien Chauvin avec l’Ensemble de la loge. En 2019, le dyptique de « La Guerre des Natures, Lenga & Selve » » sera publié aux éditions des Solitaires Intempestifs sous forme de livre disque.

On peut entendre parler ou lire au sujet de l’œuvre du GdRA de la création d’un théâtre «anthropologique», «du réel», ou «documentaire». En acceptant la part fictionnelle immanente à toute réalité et la part de réel qui habite chaque récit, Christophe Rulhes et Julien Cassier cherchent avant tout «une fiction vraie» et des formats aptes à révéler et à déployer les singularités de tout un chacun. C’est donc un théâtre de la personne, avec ses fragilités et ses capacités, qu’ils remettent à l’œuvre à chaque proposition. Ce théâtre de la participation forte de l’interprète ou du témoin, trouve une inspiration dans les arts politiques et la philosophie pragmatiste. Il est teinté d’une pluridisciplinarité circassienne où toutes les expériences formelles sont permises.